Démission légitime : les 17 motifs pour toucher le chômage
L’essentiel à retenir : toucher le chômage après une démission exige de rentrer dans l’un des 17 cas de « rupture légitime » prévus par la loi, comme le suivi de conjoint. Cette qualification permet de percevoir l’ARE sans délai, sur présentation de preuves solides. Sinon, il faudra attendre 121 jours de carence pour espérer un réexamen du dossier.
Vous n’osez pas quitter votre poste actuel car la peur viscérale de vous retrouver sans aucun revenu financier à la fin du mois vous paralyse complètement ? C’est une réaction normale, mais sachez que la démission légitime constitue votre passerelle sécurisée pour partir tout en touchant vos allocations chômage, exactement comme si vous aviez été licencié. On vous liste ici les 17 motifs officiels qui ouvrent vos droits et on vous explique comment monter un dossier en béton pour que France Travail valide votre indemnisation sans la moindre difficulté.
- Démissionner et toucher le chômage : le principe de la rupture légitime
- Les motifs qui ouvrent vos droits à l’allocation chômage
- Zoom sur deux cas particuliers : reconversion et santé
- Concrètement, quelles sont les démarches après avoir posé sa démission ?
- Et si ma démission n’est pas « légitime » ? la solution du réexamen
Démissionner et toucher le chômage : le principe de la rupture légitime
La règle de base : pourquoi une démission classique bloque vos droits
Soyons clairs : quand vous claquez la porte, c’est un acte volontaire. Pour France Travail, vous êtes responsable de votre chômage. Résultat immédiat ? Aucune allocation chômage (ARE) n’est versée.
C’est la règle de base qui piège trop de salariés. Pourtant, il existe une faille dans le système pour vous en sortir.
Cette exception s’appelle la « rupture légitime ». Ce n’est pas une faveur, mais un droit sous conditions prévu par la loi pour des situations subies. C’est votre filet de sécurité.
Qu’est-ce qui rend une démission « légitime » aux yeux de la loi ?
Une démission légitime est une démission motivée par une raison précise listée par la réglementation. Ce n’est pas une appréciation au cas par cas, ça passe ou ça casse selon 17 motifs.
Quitter son emploi volontairement est une chose, y être contraint par les circonstances en est une autre. C’est cette nuance qui fonde tout le principe de la démission légitime.

- Volonté du salarié vs. Contrainte extérieure : vous subissez le départ.
- Droit au chômage (Non vs. Oui) : l’indemnisation est enfin débloquée.
- Nécessité de justification (Aucune vs. Obligatoire) : il faut tout prouver.
L’alternative à ne pas oublier : la rupture conventionnelle
Avant de poser votre démission, une autre voie existe pour quitter l’entreprise en bons termes : la rupture à l’amiable.
La rupture conventionnelle ouvre systématiquement droit au chômage, mais elle requiert l’accord de l’employeur. C’est une vraie négociation, pas un droit acquis.
Les motifs qui ouvrent vos droits à l’allocation chômage
Maintenant que la distinction est claire, voyons concrètement quels sont ces fameux motifs qui peuvent transformer votre démission en passeport pour les allocations.
La liste officielle des cas de démission légitime
La loi a établi une liste stricte et exhaustive de situations pour valider une démission légitime. Si votre cas ne figure pas précisément ici, votre demande sera rejetée d’emblée. C’est binaire.
Attention, votre bonne foi ne suffira pas à convaincre France Travail. Vous devez prouver chaque motif avec des justificatifs béton.
| Catégorie de motif | Situation précise | Exemple de justificatif requis |
|---|---|---|
| Motifs familiaux | Déménagement pour suivre un conjoint (mutation, nouvel emploi), mariage ou PACS, fuite de violences conjugales, ou placement d’un enfant handicapé. | Livret de famille, contrat de travail du conjoint, plainte officielle, justificatifs de nouveau domicile. |
| Changement d’emploi | Rupture d’un nouveau contrat avant 65 jours (suite à un licenciement) ou échec d’un CDI après 3 ans d’activité continue. | Attestations employeur successives, preuve de non-inscription au chômage entre les contrats. |
| Faute de l’employeur | Non-versement du salaire acté par la justice ou actes délictueux (harcèlement, violence) subis dans le cadre du travail. | Ordonnance de référé, décision de justice, dépôt de plainte auprès du procureur. |
| Projet professionnel | Échec confirmé d’une création ou reprise d’entreprise, fin de contrat d’insertion pour formation/emploi, ou engagement en Service Civique. | Extrait Kbis de radiation, attestation de l’organisme d’accueil, contrat de formation. |
| Cas spécifiques | Journalistes invoquant la clause de conscience ou assistantes maternelles face à un refus de vaccination légale. | Attestation employeur spécifique, courrier de refus des parents, lettre de démission. |
Zoom sur deux cas particuliers : reconversion et santé
Le projet de reconversion professionnelle : une démission qui se prépare
C’est un cas à part, mais il offre une opportunité en or. Vous pouvez démissionner pour mener un projet de reconversion, créer ou reprendre une entreprise, mais les conditions d’accès restent très strictes.
Attention, la validation de votre projet par une commission paritaire doit impérativement avoir lieu AVANT votre démission. Aucune régularisation n’est possible après coup.
Pour être éligible, vous devez être en CDI et justifier de 5 années d’activité salariée continue. Votre projet doit être réel et sérieux. L’accompagnement par un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) est une étape obligatoire.
Démission pour burn-out ou dépression : un motif non automatique
Soyons clairs : démissionner à cause d’un burn-out ou d’une dépression n’est PAS considéré en soi comme un motif légitime. Votre état de santé, aussi critique soit-il, ne suffit malheureusement pas pour ouvrir automatiquement des droits au chômage.
La situation change seulement si cette dégradation de santé résulte directement d’une faute grave de l’employeur, comme du harcèlement ou un non-respect de la sécurité. Vous devrez alors prouver ce lien de causalité, souvent via une action en justice.
Le cas de la démission pour suivre son conjoint
C’est sans doute l’un des motifs les plus courants et acceptés. Suivre son conjoint qui déménage pour exercer un nouvel emploi constitue bien une démission légitime reconnue par la loi.
Le déménagement doit rendre impossible la poursuite de votre contrat de travail actuel. Pour les assistantes maternelles, le cas du déménagement de l’assmat qui peut mener à une rupture de contrat suit une logique similaire.
Concrètement, quelles sont les démarches après avoir posé sa démission ?
L’inscription à France Travail et le dossier de demande d’ARE
C’est le moment d’être ultra réactif. La toute première étape consiste à s’inscrire comme demandeur d’emploi sur le site de France Travail, et ce, dès la fin exacte de votre contrat. Ne laissez pas traîner les choses. C’est le point de départ technique indispensable pour activer votre demande d’Allocation d’aide au Retour à l’Emploi (ARE).
Au moment de la demande en ligne, cochez la case « Démission ». En réponse, France Travail vous enverra un questionnaire spécifique pour vérifier si votre démission légitime est bien réelle et fondée. Remplissez-le tout de suite. Ici, la réactivité est de mise pour ne pas bloquer le traitement de votre dossier administratif.
Rassembler les preuves : le nerf de la guerre
Soyons clairs : sans preuve tangible, vous n’aurez aucun droit. Chaque motif légitime exige impérativement de fournir des documents justificatifs irréfutables pour valider votre situation.
Vous risquez de perdre des mois d’indemnisation pour un simple papier manquant (Loss Aversion). Voici les documents que vous devez absolument sécuriser pour votre dossier :
- Copie du contrat de travail du conjoint (ou ordre de mutation) si vous le suivez pour sa carrière.
- Acte de mariage/PACS récent accompagné d’un justificatif de votre nouveau domicile.
- Dépôt de plainte officiel pour prouver un acte délictueux au travail.
- Ordonnance de référé attestant du non-paiement de vos salaires.
- Attestation de l’ancien employeur (licenciement ou fin de CDD) pour valider une démission avant 65 jours.
- L’attestation France Travail après une démission d’un CDI ou CDD reste une pièce centrale du puzzle.
Et si ma démission n’est pas « légitime » ? la solution du réexamen
Mais que faire si votre situation ne coche aucune case officielle ? Tout n’est pas perdu, mais il faudra s’armer de patience.
La période de « carence » de 121 jours
Si votre départ n’est pas une démission légitime, une sanction tombe : la période de carence. Vous devrez tenir 4 mois, soit 121 jours, sans aucune indemnisation. C’est une règle automatique.
Durant ce tunnel, interdiction de rester passif ! Vous devez prouver noir sur blanc que vous êtes en recherche active et permanente d’un emploi. C’est une condition non négociable pour espérer une suite favorable.
Demander un réexamen de sa situation : l’Instance Paritaire Régionale (IPR)
Une fois ce délai de 121 jours écoulé, vous pouvez saisir l’Instance Paritaire Régionale (IPR) de France Travail. C’est cette commission spéciale qui détient les clés de votre indemnisation.
Son rôle est d’analyser vos efforts de réinsertion fournis pendant ces 4 mois de disette. Il ne suffit pas de demander, il faut convaincre avec un dossier en béton.
Voici les preuves indispensables à rassembler :
- Vos Candidatures envoyées (copies d’e-mails, lettres).
- Les Réponses d’employeurs (gardez précieusement les refus !).
- Vos justificatifs d’Inscriptions à des formations ou bilans de compétences.
La décision de l’IPR et ses conséquences
Si l’IPR rend un avis favorable, c’est le soulagement : les allocations chômage sont versées à partir du 122ème jour. Attention, ne comptez pas sur un rattrapage, il n’y a aucune rétroactivité.
En cas de refus, c’est la douche froide : le droit au chômage est définitivement bloqué. Votre seule option reste alors de retrouver un emploi au plus vite.
Ne laissez pas une démission bloquer votre avenir ! Vous connaissez maintenant les règles du jeu pour partir tout en gardant vos droits. La clé du succès ? Anticipez chaque étape et rassemblez vos justificatifs dès aujourd’hui. Votre transition professionnelle mérite d’être sécurisée, alors à vous de jouer pour transformer l’essai
FAQ
Est-ce que je peux toucher le chômage si je démissionne ?
En principe, la démission ne donne pas droit aux allocations car c’est un acte volontaire de votre part. Cependant, il existe une exception majeure : la démission considérée comme « légitime » par France Travail. Si votre situation correspond exactement à l’un des cas prévus par la loi, vous serez indemnisé dans les mêmes conditions qu’après un licenciement !
Quels sont les motifs qui rendent une démission légitime ?
La réglementation liste précisément 17 cas spécifiques ouvrant droit à l’indemnisation. Les plus fréquents concernent la vie privée, comme le suivi de conjoint qui déménage pour un emploi ou le mariage/PACS entraînant un changement de résidence. On trouve aussi des motifs liés à l’entreprise, comme le non-paiement des salaires sur décision de justice ou des actes délictueux subis au travail.
Comment quitter mon CDI sans perdre mes droits au chômage ?
Vous avez principalement deux options pour sécuriser vos arrières. La première est de vérifier si votre démission entre dans le cadre légitime (déménagement, faute de l’employeur, etc.). La seconde est de négocier une rupture conventionnelle, qui garantit systématiquement l’accès aux allocations, ou de monter un dossier de démission pour reconversion professionnelle.
Comment fonctionne la démission pour projet de reconversion ?
C’est un dispositif spécifique pour les salariés en CDI justifiant d’au moins 5 ans d’activité continue. Vous devez impérativement faire valider le caractère réel et sérieux de votre projet par une commission (Transition Pro) AVANT de démissionner. Ne partez surtout pas sans cette validation préalable, sinon vous perdrez vos droits !
Comment rédiger ma lettre de démission pour faire valoir mes droits ?
Votre lettre doit être sans équivoque et mentionner explicitement le motif légitime de votre départ. Par exemple, indiquez clairement que vous démissionnez pour suivre votre conjoint muté. Préparez ensuite tous les justificatifs (contrat du conjoint, justificatif de domicile) car France Travail les exigera pour valider votre dossier.
Que faire si ma démission n’est pas considérée comme légitime ?
Tout n’est pas perdu, mais il faudra faire preuve de patience. Vous devrez attendre une période de carence de 121 jours (4 mois) sans indemnisation. Ensuite, vous pourrez demander un réexamen de votre dossier à l’Instance Paritaire Régionale (IPR) en prouvant que vous avez cherché activement un emploi durant cette période.

