Un maçon portant des gants lisse une chape de ciment fraîche avec une taloche en métal, avec un seau de mortier à côté.

Maçonnerie : le guide du Magazine du bricoleur sur les parpaings et les briques

Un mur en parpaings ou en briques a l’air facile à monter, mais le même bloc ne va pas à tous les murs.

Avant de commencer, il faut savoir si le mur porte le toit ou les étages, et ce qui relève d’un pro. Cet article vous montre quel matériau prendre pour chaque mur et ce que vous pouvez faire seul.

La maçonnerie, c’est quoi au juste ?

La maçonnerie, c’est assembler des parpaings ou des briques avec du mortier pour monter des murs. Bonne nouvelle : la base tient en une phrase, et le reste dépend du mur que vous voulez faire.

Le mur peut être porteur, c’est-à-dire qu’il soutient le toit et les étages. Il peut aussi être un mur de remplissage ou une façade non porteuse, qui ne soutient que son propre poids.

Un amateur peut monter de petits ouvrages. Tout dépend du rôle du mur : le NF DTU 20.1, la référence technique, couvre les murs porteurs, de remplissage et les façades non porteuses. Les cloisons de distribution n’en font pas partie.

Pour trouver un maçon fiable, voyez comment vérifier les avis d’une entreprise de maçonnerie.

Pour un premier essai, commencez par une cloison fine ou un muret, et laissez le mur porteur à un pro.

Parpaings : quel bloc pour quel mur

Le bloc creux, le plus courant

Le bloc creux est le parpaing le plus courant. Il est fait pour recevoir un enduit, qui cache la surface et protège le mur.

Un parpaing creux courant mesure 20 × 20 × 50 cm, pèse 16 kg et existe en épaisseurs courantes de 10 à 27,5 cm.
Le bloc courant pèse 16 kg ; ses dimensions et les épaisseurs disponibles sont indiquées pour situer son format.

Le format classique mesure 20 × 20 × 50 cm et pèse 16 kg. Seize kilos, c’est lourd : on le porte à deux mains. Pour un rendu imitation pierre, voyez l’enduit imitation pierre.

Le bloc plein pour l’infrastructure

Le bloc plein n’a aucun trou, il est plus dense que le bloc creux. On le choisit surtout pour :

  • les fondations, sous le niveau du sol, qui portent tout le poids du bâtiment ;
  • les murs enterrés, qui restent en contact permanent avec l’humidité du terrain ;
  • les soubassements exposés aux chocs et à l’eau de pluie qui rejaillit.

Blocs d’angle et blocs en U pour les chaînages

Au coin d’un mur, le bloc d’angle évite de couper un parpaing. Résultat : une arête propre et droite, même pour un débutant.

Le bloc en U est ouvert sur le dessus. On y place des fers, puis on coule du béton : c’est le chaînage, qui relie les murs entre eux. Pour un mur porteur, confiez-le à un professionnel.

Blocs de coffrage pour les murs de soubassement

Les blocs de coffrage font au moins 20 cm d’épaisseur. Ils servent pour les soubassements, enterrés ou non, et pour les élévations, la partie du mur qui monte au-dessus.

Avant d’acheter, ouvrez la fiche produit et cherchez la résistance à la compression, c’est-à-dire la charge que le bloc supporte sans s’écraser. Pour un soubassement, ne prenez pas le moins cher sans regarder sa fiche.

Briques : laquelle pour votre projet

Briques de structure et monomur pour les murs porteurs

Pour un mur porteur, la brique de structure creuse reçoit un isolant ajouté. Ce travail en plus, vous le faites à part, sur le chantier.

La monomur, elle, fait une bonne part du travail. Celle de 30 cm atteint 2,60 m²·K/W, celle de 37,5 cm 3,25 m²·K/W.

Plus ce chiffre est haut, plus le mur freine la chaleur. Pour vous en passer, prenez la plus épaisse.

Briques pleines et perforées

Une brique pleine ou perforée ne remplace pas forcément une brique de structure. Pour choisir, regardez d’abord le rôle du mur : porteur, cloison ou simple séparation ?

C’est une erreur facile à éviter. Un mur qui porte un plancher ou une toiture demande une brique aux caractéristiques prévues pour l’ouvrage. Dans le doute, demandez à un professionnel.

Briques de parement et plaquettes

Une plaquette de parement en terre cuite coûte environ 51 € le mètre carré, mais elle ne porte rien : pour les fissures ou les infiltrations, voyez comment protéger votre bâtiment.

Critère Plaquette de parement Brique de structure
Rôle Décore un mur existant Porte le mur
Pose Collée sur le mur Montée au mortier dans la construction
Effet sur la solidité Aucun Se choisit selon le rôle du mur

La brique réfractaire, à part

Une brique réfractaire résiste aux fortes chaleurs répétées, là où une brique ordinaire finit par se fendiller. Elle sert à revêtir un four, une forge ou un foyer.

Les briques Vitcas à 42 % d’alumine tiennent jusqu’à 1 430 °C, celles à 60 % jusqu’à 1 600 °C. Sans four ni foyer à protéger, n’achetez pas cette brique : elle coûte plus cher pour rien.

D’où vient la brique : argile, séchage et cuisson

Avant le four, la brique n’est que de la terre humide. On broie l’argile, on la mélange à l’eau, puis on la presse dans des moules.

Ensuite, il faut la laisser sécher à l’air, et c’est la partie où l’on a envie d’aller trop vite. Si elle garde trop d’eau, elle éclate au four. Patience, donc : seule une brique bien sèche sort du four entière.

Une brique bien sèche passe ensuite au four, et c’est la cuisson qui la rend dure. Sans ce passage à très haute température, la terre se casse au premier choc.

L’industrie française de la brique est bien installée, et ces usines font ce travail pour vous. Pour un chantier confié à un auto-entrepreneur, voyez le coût de l’assurance décennale. Achetez la brique déjà cuite, sans essayer de la faire vous-même.

Barbotine, mortier, gobetis : ne pas tout mélanger

Le mortier assemble les blocs, avec du ciment, du sable et de l’eau. Pour un mur en parpaings de 20 cm avec des joints de 1 cm, comptez 12 litres de mortier par mètre carré.

Le gobetis est une couche rugueuse qui fait accrocher l’enduit. La barbotine n’a pas de sable : elle lie une surface neuve à une ancienne. Lisez l’étiquette avant d’acheter, car un mortier n’est pas une barbotine.

Trois produits, trois rôles à retenir avant de mélanger quoi que ce soit.

Critère Mortier Gobetis Barbotine
Rôle Assembler les blocs Accrocher l’enduit Lier une surface neuve à une ancienne
Composition Ciment, sable et eau Une couche rugueuse 3 volumes de ciment, 1 d’eau et 1 de SikaLatex-360, sans sable
Temps de prise Suivez l’étiquette Suivez l’étiquette Suivez l’étiquette

Murs porteurs : quand on ne bricole pas

Le matériau dépend du rôle du mur. Un mur porteur, qui soutient le plancher ou le toit, ne se monte pas comme une cloison.

Pour ces ouvrages, la référence technique pour la maçonnerie de petits éléments, c’est le NF DTU 20.1.

Ne jouez pas avec un mur qui porte : appelez un pro avant de casser le moindre bloc.

Avant de toucher à un mur porteur, faites d’abord ces trois vérifications :

  • Faites étudier le projet par un bureau d’études structure. C’est lui qui dit si le mur peut être modifié, et à quelles conditions.
  • En copropriété, obtenez l’accord de l’assemblée générale avant de commencer. Il le faut dès que les travaux touchent aux parties communes ou à l’aspect extérieur de l’immeuble.
  • Vérifiez l’entreprise avant de signer : qualification adaptée et assurance décennale valide. Sans décennale, vous n’êtes pas couvert si les travaux tournent mal.

Retenez l’essentiel : le matériau se choisit selon le rôle du mur, porteur ou non. Pour un mur qui soutient le toit ou les étages, appelez un pro. Bravo, vous avez les bases !

Votre prochain pas ? Identifiez le rôle de votre mur, puis commencez petit, avec une cloison fine ou un muret. Vérifiez l’assurance décennale de l’entreprise avant de signer.

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